Cela faisait quelques temps que je l’attendais, un mois environ, depuis ma dernière entrevue avec Madame le Juge. Je l’attendais son ordonnance, non sans inquiétudes car elle déterminerait la résidence d’Ana de façon définitive. En allant à la boîte à lettre ce matin, non coeur était déjà serré. Je savais qu’elle serait là, l’enveloppe de mon avocate.
Les coïncidences se généralisent car à chaque épisode judiciaire, je me retrouve toujours seul. Mon p’tit Zèbre n’est pas là, n’est pas joignable et ce à chaque fois. Je décachète l’enveloppe avec précipitation:
Selon l’expert Ana, est une jeune fille posée, mûre et extrêment préoccupée qui a vécu difficilement la séparation des ses parents en particulier, selon Mme X (l’expert psy) parce qu’elle percevait la fragilité de ses parents et notament sa mère.
Aujourd’hui elle ne trouve pas sa place au sein de la famille.
Elle exprime plus facilement « une souffrance morale à l’égard d’une relation que’elle juge complexe à la mère. Elle se montre en effet dans une forte attente de reconnaissance à l’égard de la mère et son manque de confiance en soi fait écho au sentiment de ne pas être assez bien pour être aimée. »
Mme X en conclusions indiques qu’aucun élément ne permet de remettre en cause l’exercice conjoint de l’autorité parentale, que le maintien de la résidence alternée pour Eric ne pose pas de problème et que concernant Ana, compte tenu des éléments recueillis, il lui semble important qu’une garde alternée soit formalisée pour renforcer le positionnement de la mère à sa juste place et par la même fournir un point de repère à la jeune fille.
Un travail de psychothérapie pourrait aider Mme 14 141 à restaurer le lien à sa fille.
L’expert considère qu’il est possible de compter sur une entente des parents qui « en bonne intelligence devraient pouvoir montrer une certaine souplesse et adapter ce mode de garde à l’évolution de la relation mère /fille ».
Il est patent que la séparation des parents, leur choix de vie respectable mais probablement difficile à assimiler pour leurs enfants (et notament Ana qui est plus âgée) qui ont connu une famille « classique » et comparable à celle de leurs camarades ont contraint Ana et Eric à mener prématurément des réflexions d’adultes pour lesquelles ils n’étaient pas préparés.
Ana a demandé à être entendue par le juge à la veille de l’audience et alors qu’elle avait connaissance des conclusions de l’expert.
Toutefois,lors de l’audience les deux parents ont souhaité le maintien de la résidence alternée pour Eric et la fixation de la résidence d’Ana chez son père, le seul point de désaccord concernant la durée du droit d’accueil de la mère.
Ainsi les souhaits d’Ana ont été respectés et il n’est plus nécessaire de l’entendre à nouveau.
Il n’existe donc aucun motif de faire droit à la demande de Mr 14 141 sur ce point et d’autant plus que Ana a déjà été entendue par l’expert psychologue.
A cet égard, il y a lieu de relever que Mme X, sur le fond, invite en réalité les parents à entendre la souffrance de leur fille et à dépasser leurs propres rancoeurs.
De même elle souligne que Mme 14 141 doit comprendre que Ana, pour retrouver confiance en elle, a besoin d’une relation privilégiée avec elle et de temps qui lui soit exclusivement consacrée et de tendresse.
C’est pourquoi la demande de Mme 14 141 tendant à accueillir sa fille le jeudi soir sera entendue puisque cette soirée pourra normalement permettre à la mère et à la fille d’avoir un temps pour elle sous réserve que Mmé 14 141 qui de son coté a également d’autres contrainte l’organise en ce sens.
Enfin il appartient à Mme 14 141 seule de décider si il convient ou non qu’elle se fasse aider par un psychothérapeute.
De même il appartiendra de Mr 14 141 dans l’intérêt bien compris d’Ana, de faciliter les relations mère/fill en évitant toutes considérations hâtives sur le comportement ou les besoins de soins de Mme 14 141 qui ne peuvent que ternir aux yeux de l’adolescente l’image de sa mère et déstabiliser Ana.
En dernier lieu, au vu de l’évolution d’Ana et de ses proches et de ses rapports avec les adultes qui l’entourent, les parties, si aucune décision amiable ne se dégage pourront re-saisir le juge.
Pas de quoi se réjouir, certes j’obtiens la résidence principale d’Ana avec 100 euros de pension alimentaire pour lui payer son collège, la nourrir, la blanchir, lui donner une éducation musicale et sportive…
Je ne ferais pas appel mais je ne perds pas espoir. J’ai une très bonne nouvelle côté travail qui risque de chambouler un peu tout ça… je ne vous en dis pas plus.
Bises et au prochain épisode

oui, cela a l’air plutot favorable, mais il y a quand même les modalités de garde alternée à définir???j’avoue que j’ai du mal à saisir toutes les subtilités de ce type de jugement….
en tous les cas, le principal est que les choses aillent dans un sens positif, et ça a l’air bien en ce sens…
on attends tes nouvelles de boulot avec impatience…
bises
A priori une décision en demi teinte… Peut-être le plus dur est d’entretenir des rapports cordiaux avec ton ex Madame 14 141 ?… Hâte de lire un message positif pour ton avenir professionnel. Je croise les doigts en écrivant cette phrase. (punaise que c’est dur
).
C’est quand même positif tout ça !
Et ça fait vraiment plaisir de te lire…
Pour le boulot je croise les doigts aussi, mais je te trouve bien dans ta peau, plus posée, et un peu plus serein qu’il y a quelques semaines, ouf !
Je t’embrasse très fort et bon courage !!!