14 141

novembre 2009

H+ 2116 Epilogue 3/3 – PART 2 – FIN

Les trois cigarettes, je les ai fumées, j’en ai même racheté plusieurs paquets par la suite car aucun signe de mon avocat le huit septembre. Je suis rentré chez moi, j’ai ouvert ma boite à lettres : des prospectus, une facture. J’ai monté les deux étages, Ana n’était pas là, simplement une lettre sur la table, une enveloppe en papier kraft avec marqué de la main de Céline : « Pension Alimentaire de Septembre ».
C’est ainsi que j’ai appris la nouvelle : Ana restait à la maison.
 
Ma joie a été grande, une bataille venait d’être gagnée. Je ne me suis pas précipité sur le contenu de l’enveloppe, je trépignais en attendant Ana pour lui annoncer la nouvelle. Elle est arrivée avec un quart d’heure de retard. Son visage était déjà radieux.
 
- Je viens de voir Maman, je reste ici !
- Je sais, elle m’a laissé ça, et accompagnant le geste à la parole j’ai exhibé fièrement l’enveloppe. C’est elle qui te l’a dit ?
- Après la piscine, elle est venue m’inviter à boire un pot.
- Et alors ?
- Elle était déçue, surtout après la semaine que l’on avait passée ensemble. Elle regrettait que la juge ne l’ait pas écoutée. Et puis elle m’a demandé ce que j’en pensais.
- Qu’as-tu répondu ?
- La vérité : que j’étais contente du jugement. Son visage s’est fermé quand j’ai dit ça ; elle a payé et m’a ramenée ici, sans un mot ! La pension est de combien ?
- Je ne sais pas, je n’ai pas regardé.
 
J’ai ouvert l’enveloppe pour en sortir un chèque d’un montant de cent euros. Ce soir-là, j’ai arrêté de fumer pour deux raisons : la promesse que je m’étais faite et j’en avais plus les moyens !
 
Il a fallu attendre le lundi suivant, une semaine après cet épisode, pour connaître l’ensemble du jugement. En voici quelques extraits piochés ici et là :
 
« En ce qui concerne les enfants : 14 141 demande que la résidence d’Ana soit fixée à son domicile avec des droits d’accueil au profit de sa mère et Céline P. demande le rétablissement des modalités d’une résidence alternée considérant que le transfert dans les faits de la résidence d’Ana chez son père avant même l’introduction de la présente procédure n’a pas soulagé la souffrance de sa fille. Ce jour, s’agissant d’Ana, 14 141 demande son audition et Céline P une expertise psychologique. 14 141 s’oppose à l’expertise psychologique et Céline P s’oppose à l’audition par le Juge de sa fille. »
 
« Sur la résidence des enfants et le droit d’accueil : la situation des enfants est particulière. 14 141 partage sa vie avec un compagnon et Céline P a une compagne, elle-même mère de deux enfants (…) S’agissant d’Ana, il n’est pas contesté qu’elle vit depuis un an chez son père. Le seul fait que Céline P travaille maintenant sur Vrouliers et peut de ce fait assurer les transport d’Ana, ce qui génère moins de fatigue pour l’enfant qui en cas de résidence alternée n’aurait plus à prendre le bus, est insuffisant pour modifier la situation de fait et prouver qu’il est de l’intérêt de l’enfant de rétablir des modalités de résidence alternée. »
 
« C’est pourquoi, en l’absence d’éléments nouveaux établis par Céline P. de nature à justifier la remise en cause de cette résidence et alors même qu’il semble à la lecture des témoignages certes familiaux mais précis versés aux débats par 14 141 que le souhait d’Ana est pour l’instant de rester chez son père, il convient de fixer provisoirement la résidence d’Ana au domicile de son père et d’instituer des droits d’accueil au profit de sa mère. »
 
« Une expertise psychologique étendue à la fratrie pour permettre de mieux appréhender la problématique familiale et les besoins des enfants sera par ailleurs ordonnée, un délai de quatre mois étant octroyé à l’expert pour déposer son rapport. »
 
« Sur la contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants : 14 141 est technicien. Il a perçu un salaire annuel net imposable de 18410 euros soit un salaire net moyen mensuel de 1534 euros outre un supplément familial (je ne le touche même pas !!!). Il n’est pas imposable. Il a une charge de logement de 400 euros, APL déduite. Son compagnon qui travaille participe aux charges. Céline P. est professeure certifiée. Elle a reçu un revenu mensuel de 2501 euros. Elle a une charge mensuelle d’emprunt de 740 euros. Elle paie des impôts sur le revenu de 200 euros par mois. Sa compagne qui travaille participe aux charges. Au vu des revenus et charges respectifs des parents, il convient de fixer la part contributive à la charge de Céline P. pour l’entretien et l’éducation d’Ana à la somme mensuelle de 100 euros indexée selon les modalités précisées. »
 
« En conséquence : (…) Fait défense à chacun d’eux de troubler l’autre en sa résidence ; l’autorise à faire cesser le trouble, à s’opposer à l’introduction de son conjoint et à le faire expulser si besoin est avec l’assistance de la force publique. Fixe provisoirement la résidence de l’enfant Ana chez son père. Dit que Céline P exercera librement à charge pour elle d’aller chercher ou faire chercher et de reconduire ou faire reconduire par une personne tierce digne de confiance l’enfant et sauf meilleur accord entre les parties : les fins de semaine impaires de chaque mois du vendredi sortie des classes au dimanche 20 heures. (…) Dit que sur le plan fiscal Ana sera à la charge de son père. (…) Dit que la présente affaire sera rappelée à l’audience du mardi 2 mars 2010 à 15h30 et ordonne la comparution personnelle des parties lors de cette audience. Précise que la présente ordonnance est exécutoire de plein droit. »
 
Bilan de ces trois mois : Ana est radieuse, 1680 cigarettes d’économisées soit environ 420 euros, et j’ai pris cinq putains de kilos de merde à cause de ce putain d’arrêt, et j’ai une putain d’envie de m’en griller une après la fin de week-end que je viens de passer !!! Mais ceci est une autre histoire !

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Désolé plantage de version: merci à mon correcteur janjacQ

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H + Bon anniversaire Virginie

C’est la fête à Virginie! Bon Anniversaire
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H + 2016 Janjacq – meuh non

Voici la pierre à l’édifice, janjacQ a dit:

jipé c’est mon ex, il m’a plaqué le sagouin, il est parti sans un regard en me laissant comme un con au beau milieu de la route
c’était un 26 novembre froid et gris
j’ai bien essayé de le suivre, elle m’a superbement ignoré la camarde

jipé c’est l’homme de ma vie, je ne l’ai su qu’après
il m’a aimé comme jamais un garçon ne m’a aimé
moi aussi je l’adorais, mais je ne m’en rendais pas compte, je ne m’en suis rendu compte qu’après qu’il soit parti
alors j’ai bien essayé de le suivre, elle n’a pas voulu de moi la mort

on ne se voyait que les week-ends, il travaillait à Nantes et moi à Paris
il venait à Paris par le train et j’allais le cueillir à Montparnasse
j’allais à Nantes avec ma petite auto, fallait être un peu con, mais au moins on pouvait se balader dans la région, aller dans les restau de bord de Loire manger des cuisses de grenouille grillées ou du poisson poché au beurre nantais, partir nous baigner à Saint-Brévin, pousser jusqu’aux Jaunais ou jusqu’à Pen-Bron pour montrer notre cul
c’est jipé qui m’a appris à tomber la culotte, avant j’osais pas, je n’aurais jamais osé

on partait pour des pique-niques mémorables
jamais je ne les oublierai
jipé c’était le roi du pique-nique, du haut de ses vingt-quatre ans fallait voir comment il nous bichonnait ça, on remplissait le coffre de la bagnole et je ne te parle pas de la glacière et de la bouffe
on ne se la jouait pas beauf avec une table et des chaises de camping mais très classe avec les deux verres à pied en cristal adaptés exprès pour, c’est une question de col, au Bordeaux ou au Bourgogne de derrière les fagots que jipé avait dégoté, avec l’argenterie, les couverts marchaient toujours par deux, et avec le plaid écossais en cachemire… pour la sieste

ce dimanche-là, on s’est dit qu’on le faisait champêtre
on a déniché un petit pré à l’herbe grasse et tendre, d’un vert vachement bien assorti au plaid, on se serait cru dans le bocage normand
jipé a dressé la nappe au beau milieu, je faisais les allers et retours jusqu’à la voiture garée dans un chemin pour amener tout le restant de notre barda, il m’a demandé de l’aider à dérouler la belle couverture écossaise tout à côté
- hé, on se met pas un peu plus à l’abri ?
- t’occupe !
- on va nous voir…
- t’occupe !
on a bien mangé, on a bien picolé, chacun sa bouteille ou peu s’en faut
j’étais bien… et amoureux, comme jamais, jipé était bien, je crois, et aimant, il faisait vachement beau, le soleil commençait à taper sur nos ciboulots
des promeneurs sont passés qui nous ont salué en nous disant de faire gaffe aux coups de soleil parce qu’on avait tombé la chemise, on a répondu en riant en soulevant not’ verre
jipé s’est alors allongé à plat dos sur le plaid, les bras en croix, je l’ai très vite rejoint pour me blottir contre lui

- j’ai envie que tu me prennes
on était tous les deux complètement à poil, il ne faut pas me demander comment on en était arrivé là, j’étais bien… et amoureux, sous les caresses, et il m’était difficile de répondre, j’avais la bouche pleine
- dans l’herbe
- …
- s’il te plait
- t’es bourré ?
- s’il te plait, janjacq, s’il te plait
faut que je te dise que c’était pas notre truc, ce n’était jamais arrivé en fait, j’étais la bique et lui le bouc, point barre, c’était très bien comme ça, je crois qu’on ne s’était jamais posé de question, on n’en avait jamais parlé non plus, lui top, moi bottom, et vogue la galère jusqu’aux septièmes cieux, même si ce n’était pas à tout coup
- t’es bourré !!!
- s’il te plait

pour une première, jipé a pensé que ce serait mieux en levrette
j’avais peur de ne pas pouvoir y arriver, alors je me suis appliqué, putain qu’est-ce que je me suis appliqué
j’étais comme un petit écolier à son pupitre, la langue tirée, à faire des lettres à l’encre en écriture bâton, plus rien ne comptait pour moi, le pré à découvert, le chemin qui le longeait, les frondaisons et au-dessus le clocher du village voisin, si proche…
maladroitement, je me suis mis à besogner mon amoureux
- jipé ! on nous regarde !
- t’occupe…
- je te dis qu’on nous regarde
- mais non, il n’y a personne
mes lunettes, comme celles de jipé, étaient posées sur un coin du plaid, à cinq bons mètres de nous, on avait roulé dans l’herbe
comment pouvait-il être aussi affirmatif, mon amant, il était encore plus myope que moi, je savais qu’il ne pouvait voir en ce moment, comme moi, que de jolies taches de tous les dégradés de vert, auréolées du bleu du ciel, du brun des troncs d’arbres, du noir des bouses, je ne t’ai pas dit, il y avait des bouses partout, enfin, çà et là
j’aurais bien aimé avoir le bras assez long pour atteindre mes binocles…
- et s’il y avait quelqu’un, ça devrait t’exciter, merde…
l’idée ne m’a pas fait… débander, nous sommes venus en même temps

jipé a noyé son ventre dans l’herbe folle, je me suis laissé tomber à côté de lui, mais tout de suite, à quatre pattes, j’ai couru vers nos lunettes
le besoin de… voir était alors beaucoup plus fort que l’envie du long câlin qu’on avait la bonne habitude de partager après, je me doutais bien que le ou les voyeurs s’étaient carapatés puisque c’était fini, je voulais quand même… voir, ou en avoir confirmation
c’était par là que tout au long j’avais senti une présence…
… et par là, le museau passé au travers d’une barrière, deux vaches blanches et noires nous regardaient d’un air vachement vache
tu le sais bien toi combien c’est expressif le regard d’une bretonne pie noire, non ? c’est le même que celui d’une blonde d’Aquitaine ou d’une normande !
ben là, il pétillait ! on aurait dit deux gouines…

janjacQ

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H +1992 – Epilogue 3/3 – PART 1

Mardi 8 septembre, levé à 6h30, je prends mon petit déjeuner comme à l’accoutumée. Je veux que ce jour soit un jour traditionnel, fait de petits riens, de travail et ne surtout pas en faire une journée spéciale, même si c’est aujourd’hui qu’un juge apposera sa signature sur le document qui contractualisera ma vie. La mise en route est difficile, le café n’est pas assez fort, c’est un vrai jus de chaussette que j’avale. Je me glisse sous la douche, c’est la seule solution pour un réveil total. Mes gestes sont mécaniques, et précis malgré tout. Je ne veux pas que mes angoisses de la nuit refassent surface. Rester digne, voilà le mot de la journée ! De la dignité quoi qu’il arrive !

Je sonne l’heure de mon départ en embrassant les enfants pour les éveiller en douceur, ainsi que mon grand dormeur de p’tit Zèbre… Après mon heure de trajet quotidien, j’avale un deuxième puis un troisième cafiots avec mes collègues. Ils ne savent pas grand chose de ma vie, je ne partage pas facilement avec eux, jouant même mon hétéro de base pour ne rien laisser transparaître.

- Tu n’as pas l’air dans ton assiette ? Ça va ? me demande Gilou.
- J’ai mal dormi. Rien de bien méchant !
De la dignité, me dis-je intérieurement, de la dignité !

Il est 9h45 et j’ai la tête ailleurs ; heureusement que je suis convié à une réunion dans laquelle je n’ai qu’un rôle subalterne. Les minutes passent avec lenteur, je dévisage un à un les membres de la Commission en essayant d’imaginer, pour me distraire et pour passer le temps, des scénettes amusantes… La femme qui se trouve devant moi est grande avec de longs cheveux blonds, le nez chaussé d’une paire de lunettes qui lui mange son visage un peu sévère. C’est un personnage important du Cabinet de la Présidence, d’un sérieux à toute épreuve. Elle mâche discrètement un chewing-gum. Le mouvement de sa mâchoire est presque imperceptible. Une image s’impose alors dans ma tête, c’est comme un court métrage où elle prendrait la parole et avalerait son bonbon par inadvertance dans un bruit peu convenable pour son rang. Cette vision me fait sourire un peu bêtement, mais mon sourire prend une dimension catastrophique lorsque cette femme, croisant mon regard, accuse une drôle de grimace en avalant réellement sa gomme à mâcher. Un éclat de rire presque bestial a alors retenti dans ce silence religieux. Je m’en excuse platement en voyant tous les participants se tourner vers moi, tandis que la femme passe instantanément du blafard au rouge pivoine.
De la dignité, rien que de la dignité, me dis-je en reprenant une posture d’écoute.

Je ressors de cette réunion avec un sentiment de malaise : et si j’étais capable de deviner l’avenir ? En me concentrant, pourrais-je apercevoir le jugement ? Connerie, je ne vais quand même pas basculer dans l’ésotérisme mystique hystérique !? Et pourquoi ne pas essayer de lire dans le marc de café, tant qu’on y est !? Le mieux n’est-il pas de rester pragmatique et d’appeler le cabinet de mon avocate !

- Bonjour, je suis Quatorze Cent Quarante et Un (QCQ1) ! Je voudrais parler à Maître Paly, s’il vous plait.
- Je suis désolée, elle se trouve en audience à Vreuxe. Vous ne pourrez la joindre qu’en fin d’après-midi.

Je crois que je vais passer une après-midi d’enfer, à fumer comme un pompier et à me ronger les ongles jusqu’au sang ! Il est l’heure de rejoindre mon p’tit Zèbre et d’aller manger au restaurant administratif. J’ai une faim d’ogre ! J’aime ce moment de la journée où l’on se retrouve, rien que nous deux, et où on avale rapidement notre repas pour vite s’engouffrer dans la voiture. Là, nous nous reposons en parlant, en nous embrassant, en nous câlinant jusqu’à l’heure fatidique où chacun doit regagner son lieu de travail. Mais aujourd’hui nous partageons la même angoisse, celle de devoir annoncer à Ana qu’elle doit retourner chez sa mère ! Je sais pourtant, au fond de moi, que le jugement ne peut pas lui être défavorable. C’est impossible avec toutes ces attestations !!!

Il ne reste que trois cigarettes dans mon paquet. Si Ana obtient ce qu’elle veut, j’arrête de fumer.

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H +1969 Dedipix fort éveur Mister Janjancq

Envoyé par M. Janjacq

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Le 26 novembre un texte de Janjacq sera publié en réponse à l’invitation faite sur l’article précédent. Ce texte a été publié quelques minutes puis supprimé. Il prendra toute sa dimension ce jeudi. Merci à Janjacq

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H+1874 Pour en finir avec …certains blogs gays parisiens

Très longtemps adepte de certains blogs gays parisiens où les « 3C » (Cul Cash Cock) sévissent, je culpabilisais sur ma vie trop provinciale, trop peu éclatante, faisant même des complexes sur ma vie sexuelle… le modèle pédé du Marais avait une prise sur moi sans que j’en ai totalement conscience. Comment ne pas admirer ces blogueurs qui brûlent leur vie ? C’est en lisant dernièrement deux commentaires sur deux de ces blogs que je me suis rendu compte de l’énormité de la solitude des protagonistes, inversant tout d’un coup les places. Ma vie est enviable en tout point. Ce n’est pas parce que l’on est en couple, gay ou pas, à Paris ou en province, que l’on est « has been ».

Quelle chance de rentrer chez soi, de retrouver des enfants et un p’tit Zèbre pour vous sauter au cou, de manger ensemble un bon petit repas préparé avec amour, et de ne pas avoir pour unique accueil la lumière blafarde de son PC déjà connecté sur le « chat » de rencontre qui vous donnera à manger de la chair fraîche pour un soir. Pas besoin de faire ses courses sur Internet quand un désir vous traverse, il suffit de se tourner vers son amant, une légère caresse, un baiser plus fougueux, ou un simple regard peuvent vous conduire dans des endroits bien étranges…
Dans les toilettes du « Super U » par exemple ! Certes ce n’est pas un endroit très romantique, mais notre désir était tel que nous n’avons même pas pensé à notre sortie ! Nous avons dû attendre dix minutes avant qu’il n’y ait plus personne pour nous échapper de la cabine des handicapés (je sais c’est pas bien, mais il n’y avait plus de place pour nos ébats !!!)

Et puis les copains ne sont pas des bouées de sauvetage qu’on appelle à pas d’heure pour vomir sa solitude après avoir reniflé trois grammes, le pif explosé ! Ou pour rejoindre un club avec le seul objectif de se saouler la gueule afin d’oublier les douleurs de la vie. Nos copains sont là pour des soirées, des week-ends de délires où l’on prend plaisir au partage, à l’échange et à manger de bonnes talmouses (ne pas lire partouzes).

Pas besoin non plus pour « faire quelque chose », de remplir sa vie en dépensant la moitié de sa paie en bouteilles de « sky » dans une boîte « m’as-tu-vu » où le physio vous a repéré comme étant le gogo de service, celui qui sera tellement torché qu’il ne se souviendra même pas du montant de la note. Sont sympa aussi les files d’attente où l’on bavarde avec les uns et les autres avant de se faire refouler comme ça, sans savoir pourquoi ! Avoir les boules, les nerfs ! Mais en même temps, content de ne pas être un « vip » !

Et puis le sexe ! Parlons-en de ces champions du sexe ! A les entendre, ils sont irrésistibles, des dieux du sexe avec des culs d’enfer pour certains et des queues de trente centimètres pour d’autres ! Se vantant de faire jouir leur partenaire des heures et des heures, ne jouant que sur la performance et non sur l’impromptu, la singularité et la surprise. Combien de fois mon p’tit Zèbre me fait grimper au plafond plus vite que je ne le souhaite en découvrant une nouvelle zone érogène ? De mon côté, prendre le temps de le caresser, de le masser, de le lécher tout en le pénétrant lentement pour qu’il puisse gouter et savourer notre union ! Sans parler de la tendresse et des jeux à plusieurs dans le respect de l’autre. Et puis les câlins du matin au réveil, les siestes crapuleuses et tous ces instants de complicité sont des moments inoubliables. J’aime cette vie, bordel qu’elle est bonne !!!

Aussi je lance un jeu concours de la lutte contre les « 3C » : raconter une expérience sensuelle ou sexuelle insolite avec sa compagne ou son compagnon, qu‘on soit hétéro, gay, lesbienne ou trans à en faire rougir les adaptes des « 3C » ! Je publierai ceux qui n’ont pas de blog, et quant aux autres, faites-vous connaître ! Ceci n’est pas un tag ! Alors à vos plumes !

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Grand merci à mon correcteur officiel: janjacq!!!!

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H +1534 – Epilogue 2/3 – La première et seconde balle

On est parti pour la Crète la tête remplie d’incertitudes, de craintes et de peurs. Et puis, la résignation a fini par prendre place, les dés étaient jetés après tout ! Nous ne pouvions qu’attendre, et regarder les profondeurs sidérales en scrutant les étoiles filantes et en formulant des vœux à leur passage.

- Tiens! Tu l’as vue celle-là ? Elle est pour toi ! Et celle-là aussi !

Je voyais ma fille parfois songeuse, quelquefois avec l’air triste, alors toutes ces étoiles étaient pour elle… ou pour le jugement. A ces moments-là, le p’tit Zèbre se chargeait de mettre un peu d’animation, pour un sourire, ou pour déclencher le rire. Ça marchait presque à tous les coups, mais je savais que le soir, avant de s’endormir, elle s’assoupissait avec sa douleur.

Alors, au matin, le petit déjeuner sur la terrasse face à la mer chassait tous ses mauvais rêves, laissant le champ libre à une journée paisible faite de plage, de bains de soleil et de mer, de chaleur, de lectures, de visites et de rencontres. Ensemble, rien n’était aussi bon que ce temps partagé dans une véritable harmonie, et même les querelles enfantines de la fratrie s’estompaient. Les vingt un jours sont passés avec une telle rapidité que je n’ai pas réalisé que le retour nous rapprochait de la décision du juge.

Une fois sur le territoire français, nous n’avons eu qu’une envie : partager avec nos proches notre enthousiasme. Alors, ce fut la grande tournée familiale, Bopapa, Grand’ma, mes sœurs, « ma reine », et mes parents ; nos récits s’entrecroisaient les uns les autres, illustrés par les photographies de notre périple. Et puis il y eut cette foutue rupture ! Celle qui fatigue, celle qui est inévitable : le retour des enfants chez leur mère ! Pas de cris, pas de pleurs visibles, seulement une boule à l’estomac !

Céline fut égale à elle-même, le lundi 31 Août au soir, en imposant à sa fille qu’elle reste toute la semaine chez elle. Ce n’était pas prévu comme cela initialement, mais il fallait s’habituer à la future organisation qui allait être la nôtre, nous avertit-elle. Je vis dans ses yeux une lueur de victoire et non d’espoir.
Je n’ai pas eu trop de contacts avec les enfants durant ces quatre jours. J’ai seulement brièvement accompagné Éric, mon fils, pour son entrée en sixième. Céline était là aussi, plutôt détendue, plutôt agréable. J’ai poussé le vice jusqu’à lui demander comment s’était déroulée sa propre rentrée dans son nouveau collège.

Le vendredi soir, ce furent les retrouvailles. Mon garçon était grognon et susceptible. Juste avant de servir le repas, je m’enquis des raisons de son mécontentement.

- Maman dit que tes attestations sont toutes contre elle.

Ça c’était la première balle dans le pied qu’elle se mettait !

- Et puis elle a écrit une lettre à Baba*… Elle dit que Baba a vécu la même chose qu’elle…

Ça, c’était la seconde balle !

- Elle m’a même reproché ma relation avec Baba, a renchéri Ana. Elle dit aussi que je la préférais à elle quand j’étais petite.

J’en restai perplexe : ma mère ne m’avait pas averti qu’elle avait reçu une lettre de Céline ! Je lui téléphonai donc afin de la questionner. Je suis tombé sur mon père qui a confirmé l’existence de cette lettre mais n’a pu me la lire, faute de savoir ce que ma mère en avait fait…

C’est elle qui m’a rappelé. Pour une fois, elle n’a pas pris de gant, elle m’a lu d’une traite un tissu d’horreurs, de délires et d’élucubrations. Je raccrochai légèrement énervé par la prose verbeuse et pseudo poétique de ma future ex-femme ! Comment était-elle tombée aussi bas ? Sa maladie était vraiment à son paroxysme ! Je me devais de rectifier tout de suite auprès des enfants certaines fausses vérités.

- Baba et Pépé, comme vous le savez, ont vécu des périodes pas faciles. En 1981, Baba a quitté le foyer familial pour vivre seule dans un appartement car Pépé était tombé amoureux d’une très jeune femme. Durant une année, Baba a essayé d’oublier Pépé mais n’y a pas réussi. Elle a fini par prendre des médicaments pour tenter de se suicider. Par chance, elle a été sauvée. Votre grand-père s’est rendu compte qu’il tenait énormément à elle, il a donc rompu avec sa maîtresse. Durant cette période de séparation, j’allais le mardi soir et un week-end sur deux chez Baba tandis que mes sœurs ne venaient que quand bon leur semblait.
Votre mère se trompe en essayant de comparer les deux histoires. Et je ne trouve pas cela correct de sa part : Baba a eu son lot de blessures. Venir aujourd’hui lui balancer les horreurs passées, c’est inacceptable !

- Et toi, pourquoi tu es parti ? a demandé mon fils.
- Je te l’ai déjà dit quand nous vous avons annoncé la séparation : parce que je n’aimais plus ta mère.
- Mais pourquoi tu n’aimais plus Maman ? Tu aimais quelqu’un d’autre ?
- C’est la première fois que tu poses cette question en trois ans de séparation…

Il m’a dévisagé.

- Lors de sa seconde grossesse, ta mère est devenue anorexique. Après l’accouchement, elle a perdu cinq kilos de son poids initial. Puis son mal a pris d’autres chemins plus complexes. J’ai essayé de l’aider comme je le pouvais mais je me suis laissé ligoter et enfermer par sa maladie. Je ne pouvais plus vivre ni faire quoi que ce soit pour moi.
– J’ai entendu que tu ne voulais pas de moi…
- Ce n’est pas vrai. Avant que ta mère ne tombe enceinte, je ne désirais pas de deuxième enfant. Les relations entre ta mère et Ana étaient si difficiles ! Je devais sans arrêt faire tampon. Et puis, je trouvais dommage de ne pas profiter de ta sœur et de sa petite enfance. Mais quand j’ai vu pour la première fois ton p’tit cœur battre à l’échographie, j’ai vraiment eu hâte que tu naisses !

J’étais décontenancé par le tour que prenait cette discussion. Je voulais dissiper les zones d’ombres.

- En ce qui concerne les attestations, le mieux est que je vous les lise. Comme ça, vous pourrez vous en faire une idée par vous-même. De toute façon, elles seront dans une pochette à votre disposition. Elles font partie de votre histoire, vous pourrez les consulter à tout moment de votre vie !

Tout au long des lectures, les enfants n’ont pas bougé. Une fois terminé, nous n’avons plus jamais parlé du divorce.

*Baba= Grand-mère
Corrections assurées par Janjacq

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H +1510 – Epilogue 1/3 – La 3ème balle

Il était huit heures, dimanche soir. Un tour de clef dans la serrure, l’appartement était plongé dans le noir, seules les lumières de la ville dessinaient les contours des meubles et des bibelots, sur les étagères, pas un bruit ne venait perturber cette tranquillité. Comme chaque dimanche, de retour de chez la Grand’ma, mon p’tit Zèbre et moi étions chargés de victuailles, les bras allongés par des sacs trop lourds au moment où nous avons franchi la porte d’entrée.

- Ana ? criais-je, Ana, tu es là ?

Aucune réponse. Pas la peine d’insister, elle n’était pas là. C’était à prévoir, le message téléphonique de Céline, la veille au soir, était clair et précis :

- Allo, 14 141 ? C’est Céline à l’appareil. Je t’appelle au sujet de la fin du week-end d’Ana. Je ramènerai donc Ana lundi matin, parce que je n’ai pas du tout envie d’écourter mon week-end à dimanche soir…

C’était la troisième balle qu’elle venait de se tirer dans le pied !

Cela aurait pu me mettre hors de moi, j’aurais pu aller chez elle et ramener Ana en faisant un scandale. J’aurais pu tout casser, être violent avec Céline, avec sa compagne, mais j’étais paisible. Rien de tout cela ne pouvait m’atteindre : j’avais le jugement du 8 septembre avec moi, pour moi.

- Oui, ici Police Secours, ne quittez pas, je vous reprends.

Je relisais attentivement chaque ligne de ce jugement concernant Ana, cherchant la moindre erreur d’appréciation de ma part. Il ne pouvait pas y en avoir.

- Police Secours à votre écoute.
- Je me permets de vous appeler car ma fille n’est pas à mon domicile. Sa mère devait la ramener avant 20h00.
- C’est sans doute un retard, Monsieur.
- Mais si ce n’est pas le cas, quelle est la procédure ?
- Vous pouvez passer nous voir vers 22h. On prendra votre déposition.
- Pas avant ?

Un pas en avant, dans ma tête, voilà ce que je venais de faire, et c’est tranquillement que j’ai pris la voiture à 21h45 pour me rendre au commissariat, comme si toutes mes angoisses concernant cette affaire se diluaient en douceur.

______________________
Corrections assurées par Janjacq

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H+ 1493 – Merci Janjacq

Je n’avais plus la foie depuis leur départ (Dark et Janjacq). Et puis j’avais cette épilogue à pondre. Alors je me suis coupé de la blogosphère. Ne plus lire, ne plus écrire, simplement vivre. L’épilogue n’a pas été simple à sortir, peut-être parce qu’il empêchait les plaies de se refermer. Et puis je suis venu par hasard sur mon blog et cliqué sur mes liens. Et j’ai lu Arthur, Mélie (Virginie), Bastoche, Chriss, KingGay, et tout les autres qui sont là, juste à votre droite… et puis par curiosité j’ai cliqué sur Janjacq! La surprise et l’émotion! Il était de nouveau là, avec ces histoires. J’ai alors repris ma plume pour quelque temps encore.

Je vous remercie à tous d’être là et d’avoir pris des nouvelles de temps en temps:
Merci particulièrement à Arthur, le fidèle, à Mélie (Virginie), de m’avoir envoyé des p’tits mots de réconfort.

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