H+600 – Nom de Zeus
Juste quelques photos prises lors de ce voyage en Crête… Heureusement que bo-papa à une maison et une voiture là-bas! Bises et ne venez surtout pas en Crête! Il pleut, il fait froid et les crétois sont inhospitaliers! Et puis les plages sont touristiques. Bref, brave gens, préférez la Bretagne!!!
Journée Noire
L’ange noir est reparti, un blog meurt, je suis en deuil. Tristesse et journée de merde!
Lire...H+456 Enfance perdue
Je me suis toujours demandé comment ma fille m’annoncerait qu’elle devenait femme, qu’elle avait ses premières règles. J’avais tout imaginé: par confidence, par une personne tierce, le paquet de serviettes hygiéniques entamé, des tâches sur ses draps… mais j’étais loin de me douter de la manière dont cette information capitale allait me tomber dessus! Je redoutais, je vous l’avoue, ce moment. Comment, moi, un homme bisexuel et père élevant sa fille avec un homosexuel, pourrait se dépatouiller de cette histoire de femme?
La première étape fut l’achat des serviettes hygiéniques. Il y a un peu plus de six mois, ma fille s’est plainte de douleurs au ventre. Mon sang n’a fait qu’un tour et je m’aperçu avec frayeur que je n’avais rien prévu pour cette inévitable épreuve. J’embarque avec moi, mon p’tit Zèbre, direction, de toute urgence, un supermarché. A part les pubs, à la télévision, mon savoir sur les moyens modernes, pour éviter les pertes, était très restreint et devant ces étagères remplies de ces paquets de toutes les couleurs, je me suis rêvé un instant être femme. Que devais-je acheter à ma fille? Les mêmes que pour moi? Quelle marque ma mère m’avait donnée la première fois? Mais avec tous les efforts possibles et inimaginables, je ne pourrais jamais remplacer une mère devant ce rayonnage. Je me sentais vraiment merdeux, désespéré, je voulais presque appeler Céline pour qu’elle puisse me conseiller. Tête de mule comme je suis, je ne le fis pas et j’ai eu la bonne idée de me tourner plutôt vers mon p’tit Zèbre!
Comme vous le savez certainement, mon p’tit Zèbre, ne sait pas comment est faite une femme. Il n’a jamais éprouvé la moindre attirance sexuelle pour le sexe opposé et de ce fait, ne connaît pas certaines choses; mais je comptais surtout, sur le fait qu’il a toujours eu de grandes amitiés féminines et qu’il pouvait ainsi me révéler des secrets que seules, les femmes, se font entre elles.
- Franchement, j’en sais pas plus que toi. Je suis désolé, me dit-il sincèrement.
- On ne va pas y arriver. Tampons ou serviettes, d’après toi?
- Ben, je pencherais plus pour serviettes pour la première fois. Se mettre un corps étranger dans le sexe, à 13 ans, ça doit faire bizarre. Quoique, je me souviens qu’à quatorze, j’avais subtilisé une carotte dans le réfrigérateur de mon père et l’avais utilisée… puis après, je l’avais lavée et remise à sa place.
- Et vous l’avez mangée???
- Ben, oui, je l’avais bien lavée et puis mon père l’a épluchée, alors …
- Moins fort, dis-je! On est quand même dans un supermarché! C’est vraiment crade ton histoire. Bon, optons pour les serviettes!
- Ok, les serviettes! Mais putain, la vache, y’en a des tonnes et totalement différentes les unes des autres! ….! C’est quoi l’indice d’absorption?
- J’imagine que c’est un indicateur. Elles doivent être calibrées pour recevoir une certaine dose de sang précise. Je sais que les règles sont plus ou moins abondantes. Quand je travaillais comme aide médico-psychologique, il m’arrivait fréquemment de changer des patientes déficientes mentales. Je me souviens de l’une d’entre elle qui avait des pertes énormes. La matin, sa serviette débordait, il y en avait partout… et ça sentait super fort!
- Mais c’est dégueulasse ton truc!!! Arrête ou je vais vomir, dit-il, le teint blême.
- Ça ne nous dit pas ce que l’on doit prendre.
- Et si on demandait à cette dame? proposa naïvement mon p’tit Zèbre.
- Non, il est hors de question! La honte… je ne peux pas.
- Attends, je vais lui demander!
Je n’ai pas eu le temps de le retenir que le voilà déjà en train de « tchatcher » avec une jolie femme, la trentaine, avec un voile sur la tête!!! Mon dieu! Il n’avait pas vu qu’elle n’était pas toute seule! Une femme plus vieille, moins jolie, bien portante, coiffée elle aussi d’un voile, se mêle à la conversation. Je m’approche discrètement.
- Oui, c’est lui le père, sort mon p’tit Zèbre l’air triomphant! Approche, elles m’expliquent les différences.
- Bonjour, je suis vraiment gêné, dis-je sincèrement.
- Non, ne vous inquiétez pas, dit la jolie femme à la tête voilée. Je disais à votre ami que le mieux pour elle serait la serviette. Celle-ci ou celle-là, me montre-t-elle du doigt. Elles sont un peu plus chères mais de bonne qualité.
Et c’est ainsi que nous avons acheté pour la première fois des serviettes hygiéniques à ma fille. En rentrant de courses, je me rendis dans sa chambre et lui expliquai que, peut-être, dans les jours à venir, son corps allait se transformer… bref, tout un blablabla pour la rassurer et lui dire que j’étais là en cas de coup dur, et puis je lui tendis le paquet de serviettes.
Je n’entendis plus parler de mal de ventre pendant toute une période. Je décidai donc de prospecter dans la réserve pour savoir si elle utilisait ses serviettes. Le paquet restait non utilisé. J’ai appris récemment par ma mère que ma fille s’inquiétait de l’absence de ses règles. Aussi pris-je rendez-vous avec un gynécologue. Et puis hier, une semaine après la réception du jugement, je rentre au “Terrier”* fatigué par une journée harassante. Ma fille m’accueille:
- Papa, c’est quand que tu vas faire les courses?
- Je ne sais pas trop, j’y suis allé hier. Jeudi ou vendredi, pourquoi tu as encore besoin de quelque chose?
- Ben, en fait il me faudrait des tampons pour demain, j’ai entraînement piscine! Il me faut des minis ou des spéciaux jeune fille.
- Pourquoi ? T’as tes règles? dis-je avec mon air de tomber des nues.
- Papa! Si je te demande des tampons… j’vais pas te faire un dessin!
- Mais tu sauras le mettre au moins???
- Papa! Ne t’inquiète pas, je sais tout ce qu’une jeune fille doit savoir. Je veux juste un peu d’argent pour aller m’en acheter; ce sera plus simple, je crois.
Je sors mon porte-monnaie, un billet de 20€ et la vois partir.
Elle était encore une enfant ce matin, maintenant son corps en a décidé autrement. Elle restera malgré tout mon enfant, celle qui embellit chaque jour de ma vie.
Je sais qu’elle partira, un jour, pour vivre sa vie, une vie de femme.
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Un grand grand merci à mes correcteurs officiels : janjacq et Arthur qui vous permettent de lire ces billets sans trop vous tirer les cheveux!!! Et puis à Fred qui est venu à la rescousse!!!! Merci à vous trois!
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H+360 – Back to the past 4/4
Je retrouve mon équilibre, je lui souris, un peu crispé, je m’avance, tendu; je l’honore d’un bonjour Madame la Juge; elle me sourit, crispée; mon avocate m’arrête dans cette marche forcée et me glisse à voix basse que ce n’était pas la juge mais une greffière!!! J’entre alors seul dans le bureau déstabilisé par ma bévue: Madame la Juge est déjà assise, elle, dans son fauteuil, chaussée de demi-lunes, le regard inexpressif, en position. Elle se saisit d’un papier, celui qui se trouve juste au-dessus d’une pile de dossiers devant elle:
- Déclinez votre identité, je vous prie.
J’ai l’impression de passer un grand oral, avec, pour unique jury, une seule personne. Un nœud au ventre me saisit, je suis debout à attendre les instructions. Dois-je m’asseoir? Rester debout? Mêmes doutes et mêmes angoisses qu’il y a trois ans devant les jurés de mon concours. Ma langue reste collée au palais, impossible de la mettre en mouvement; plus j’y pense et plus je la sens lourde, sèche et de taille surdimensionnée; j’ai un boa dans la bouche!!! Il est peu probable que cela m’arrive un jour, mais pourtant à cet instant cette foutue langue m’embarrassait. Il fallait répondre et vite à Madame la Juge.
- Je suis Quatorze cent quarante et un, j’habite à Vierlous, 14 rue des Gendarmes.
- Bien, dit-elle d’un ton ferme. Veuillez-vous asseoir.
Elle marque un instant.
- Je vous entends le premier puisque c’est vous qui avez déposé la requête. Alors? Que pouvez-vous me dire concernant votre situation?
Je lui explique brièvement mon souhait de divorcer, et enchaîne sur ma demande de résidence principale pour ma fille et de résidence alternée pour mon fils.
- Excusez moi de vous interrompre mais comment justifiez-vous la différence de résidence entre vos deux enfants?
- Ma fille a des difficultés relationnelles avec sa mère, dis-je avec conviction. Elle souhaite rester en résidence principale chez moi. Mon fils, quant à lui, préfère rester en résidence alternée.
- Nous reviendrons sur ce point plus tard, me précise t-elle. Je vais recevoir votre femme si vous n’avez rien à rajouter.
Je sens que l’entretien m’a échappé, que mes paroles ont éclaté comme des bulles de savon contre un mur, pas une seule expression n’a jailli de ses yeux, ni de sa bouche trop pincée, que des mots sans affect, qu’un regard froid sans humanité. Je ressors avec le sentiment d’avoir perdu la bataille, celle que ma fille m’avait chargé de gagner pour elle. Je retourne à ma place tandis que le nom de Céline retentit dans ce vaste couloir, et cet écho qui résonne dans ma tête de ce prénom si souvent accolé au mien, fait place à sa silhouette malingre, faible de souffrances anorexiques. Pas un mot, pas un regard non plus, que sa tête plongée sur ses pieds. Une tristesse m’envahit, incontrôlable, j’ai pitié d’elle.
Je croque le marmot tant bien que mal. Quinze minutes qu’elles se parlent, bien plus que ce que je n’ai eu. Je jette des regards interrogateurs à mon avocate. La peur se lit sur mon visage, j’en suis sûr. Je n’ai plus d’ongles à ronger lorsque la greffière nous appelle, mon avocate et moi. J’entre, j’observe successivement Céline sur son siège et Madame la Juge. Je prends place.
- Monsieur, 14 141, vous n’avez pas été honnête avec moi, tout à l’heure.
Pris au dépourvu, je lui rétorque:
- Je ne vois pas en quoi je n’ai pas été honnête avec vous?
- Votre femme m’apprend que vous vivez avec un homme et que vous partagez votre vie avec lui.
- C’est exact en effet mais je ne vois pas en quoi…
Je n’ai pas le temps de finir ma phrase qu’elle poursuit:
- Ce qui se passe dans votre vie privé m’importe! Vous avez deux enfants et je veux être certaine qu’ils ne subissent aucune maltraitance physique ou psychologique!!! dit-elle d’un ton cinglant. Votre femme vit avec sa compagne et vous avec votre compagnon. C’est une affaire particulière, vous en conviendrez!
- Je n’ai rien à cacher, dis-je brutalement. Je comprends certes votre point de vue, mais lors de notre entretien individuel, à aucun moment vous n’avez fait allusion à ma vie actuelle, ni à ma vie privée, d’ailleurs. En quoi ai-je été malhonnête?”
- Monsieur 14 141, que les choses soient bien claires entre nous, je n’ai pas le droit de vous juger sur vos préférences sexuelles mêmes si j’ai mes propres opinions sur l’homoparentalité! Je dois prendre une décision en ce qui concerne vos enfants et je vous prierai d’être plus collaboratif avec les instances judiciaires.”
- Je n’ai rien à cacher, dis-je pour la seconde fois lourdement. Et je ne m’oppose pas à votre travail en essayant de préserver mon intimité!
Mon avocate, voyant le vin tourner au vinaigre, intervient en enchaînant sur sa plaidoirie. Je remarque simplement que la juge n’est pas vraiment à l’écoute, souffle, et montre des signes de mécontentement, coupe mon avocate qui se débat tant bien que mal. Puis c’est le tour de l’avocate de Céline qui m’accuse de manipuler les enfants, d’être vénal, et que le “clan 14 141″ œuvre à la perte de sa cliente en la traitant de mauvaise mère devant les enfants! Tous ça dans un silence presque religieux de la juge. Et puis que mon p’tit Zèbre a les moyens, qu’il est directeur d’agence et qu’il gagne 2500€ par mois… j’avoue que j’aimerais bien mais malheureusement, il n’en est rien! Et puis est-ce à lui de subvenir aux besoins de mes enfants?
- Voilà! dit son avocate. Voilà pourquoi nous demandons une résidence alternée pour les deux enfants, le rattachement fiscal de moitié car nous savons très bien que Monsieur 14 141 cherche à avoir le maximum d’avantages fiscaux afin d’en profiter lorsqu’il sera pacsé avec le p’tit Zèbre! Et pour finir, nous demandons une expertise psychologique de Monsieur et de sa fille, et une enquête sociale pour Monsieur.
- Monsieur 14 141, acceptez-vous cette expertise et l’enquête sociale? demande Madame la Juge.
Je sens une pression sur moi. Je suis pris au dépourvu. La partie adverse ne devait-elle pas nous le signaler avant?
- Madame, je m’oppose à ces demandes car elles ne se basent sur aucun fondement et sont disproportionnées. Cependant, je vous demande d’auditionner ma fille qui pourra, sans aucun doute, répondre à vos préoccupations. Vous pourrez alors juger par vous-même de la qualité et de l’authenticité de ses propos!
- Madame, souhaitez-vous que j’auditionne votre fille? demande Madame la juge.
- Non, je ne veux pas que ma fille subisse cette épreuve!
- Bien! Au vu des éléments que j’ai entendus ce jour et des documents fournis par les deux parties, je prendrai une décision provisoire. Elle vous sera communiquée par courrier. Je statufierai le 8 Septembre. En attendant, je vous souhaite de bonnes vacances.
Oui, de bonnes vacances…
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Cette fois un grand merci à janjacq qui fut plus rapide que l’éclair pour corriger mes satanées fautes!!!! Chapeau bas!
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H+194 Back to the past 3/4
Le rendez-vous fixé avec mon avocate est à 9h30. Mon p’tit Zèbre ne peut m’accompagner. Je vais être seul et c’est peut-être mieux ainsi. « Le soi-disant » d’Yves Pagès en main, je vais pouvoir lire à ma guise en essayant de ne pas penser à la suite des événements. Tâche difficile, le style et la pensée de l’auteur demandent une concentration que j’ai peur de ne pas avoir; pas grave je relirai le passage plus tard. Mon avocate a 15 minutes de retard, j’attends devant le Palais de justice tout en dévisageant les personnes qui entrent et qui sortent, tantôt arborant des mines patibulaires, tantôt des regards inexpressifs, aucun n’entre le sourire aux lèvres. Il fait beau mais je ne m’en aperçois pas, il pourrait pleuvoir, venter, ou neiger, mon corps est recroquevillé, rempart infranchissable à la douceur de la chaleur du soleil. Je la vois enfin, étonnant mélange de distinction et de décontraction, elle me fait face et m’invite à la suivre dans le bureau de la Maison de l’Avocat. Pas de café, un box froid, je m’assois face à elle.
- Alors mission accomplie? Vous avez vos attestations?
- J’attends le fax de ma soeur qui ne saurait tarder.
Elle commence à lire et c’est un festival de grimaces, de moues, de tics qui animent son visage d’avocate fatiguée par tant de détresses humaines rencontrées. Elle fait trois piles devant elle, classant ainsi les très bonnes, les bonnes et les irrecevables. Dans cette dernière pile, se trouve le témoignage de mon p’tit Zèbre. La secrétaire entre sans frapper en tendant une feuille, la dernière attestation, celle de ma grande soeur, qui venait tout juste d’arriver. J’en prends connaissance, c’est la seule qui ne prend pas de gant: elle la pose sur la pile de droite, elle fait partie des « très bonnes ». Nous calons deux ou trois choses pour le grand oral et puis nous partons arpenter les couloirs du tribunal.
L’attente fut longue, deux ou trois heures, je ne me souviens plus trop. Céline était non loin de moi, sans un mot sans un regard, elle notait consciencieusement chaque événement survenant dans cette salle d’attente, des enfants jouant, un père vociférant, une femme en pleurs, un couple triste, la danse des avocats, et puis nous qui n’osions pas nous défier, qui cherchions vainement à cacher nos angoisses, nos peurs et notre haine. Et puis les avocats parlaient, parlaient, une longue complainte sur des souffrances articulaires pour l’une, un pamphlet sur les prestations de l’hôtel N*** à Toulon pour l’autre, et moi je me délectais de ce spectacle offusquant, révoltant de leurs petits soucis. Une envie de chier, de déféquer, de me vider me prend soudain, j’avertis mon avocate de mon absence et cours direction les toilettes, pas le temps de mettre des bouts de papiers sur la cuvette, je m’assois tout de go et lâche une énorme merde bien puante. Les bienfaits de l’odeur de ses propres excréments restent une énigme pour moi, mais c’est à ce moment précis que je me sentis bien, c’était sans compter l’intervention subite de mon avocate dans les dites toilettes:
- Monsieur 14 141, c’est à nous, ouh… Je vous attends dehors.
Merde! Merde! Merde! Plus assez de papiers! Je renfile mon pantalon sans pouvoir m’essuyer et file dans une autre cabine. Je me torche à la vitesse de l’éclair, me lave les mains et sors précipitamment emmenant des effluves nauséabonds avec moi! Trop tard! La juge n’a pas voulu attendre, on passera plus tard. Je reprends place sur mon siège et me replonge dans ma lecture, jusqu’à ce qu’une voix cinglante retentisse à travers la pièce:
- Monsieur 14 141?
Mes jambes sont lourdes.
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*** Grand merci à Arthur pour les corrections…mais aussi à Janjacq qui a mis son grain de sel!
Lire...H-00 Bonne anniversaire
Voilà, j’ai 40 ans aujourd’hui. Je m’étais promis de clôturer mon blog ce jour là, mais j’en suis bien incapable. Trop de choses en suspends. Alors dés demain les « H- » vont devenir des « H+ » et des « J+ ». Je ne sais pas combien de temps encore cela dura.
J’ai 40 ans mais toujours 35 dans ma tête et mon corps; même si j’épies l’apparition de mes rides avec anxiété, il va falloir que les assume. Je vais arrêté de fumer, me remettre une activité sportive et vivre à 200% ma vie avec mon p’tit Zèbre et mes enfants. Je vous embrasse tous.
Le nouveau quadragénaire (putain j’y crois pas!!! Merde!!!)
Lire...H-24 Back to the past 2/3
Pas le temps de m’apitoyer sur mon sort, il faut que je sorte de cette torpeur et être efficace, j’appelle donc successivement mes parents, Hélène et Pierre, et mes deux soeurs. Le processus de défense doit se mettre vite en place, nous n’avons à peine 12h00 pour réagir. Dans un élan de la dernière heure, je m’élance dans la bataille, je lis et relis les attestations, je modère certains propos, atténue les attaques, et essaye de les harmoniser les unes aux autres.
Ma soeur pédopsychiatre est la dernière à se manifester, la tâche est dur, accabler mon ex, Céline, est difficile. Toutes les deux ont vécue entre elles une histoire d’amitié forte avant que je tombe amoureux de Céline. Cette passion amicale fut bousculée de nombreuses fois durant notre mariage, mettant en cause régulièrement leur entente. Mais une sorte de lien invisible les reliait malgré tout. Ma soeur savait qu’en écrivant son attestation, ce fil se couperait net. Elle choisit donc de bien peser ces mots et de mettre en avant les propos de ma fille.
« … Depuis maintenant environ un an et demi, ma nièce me tient le même discours: elle ne veut plus vivre en résidence alternée mais être en résidence principale chez son père. Elle a eu beaucoup de difficultés à verbaliser ce désir et ceci a été source d’angoisses dont elle m’a fait part de vive voix et par téléphone. Elle ne voulait pas blesser sa mère mais avait également peur de ne pas être entendue par elle. (…) Régulièrement au cours de cette année, elle m’a fait part de son sentiment d’intranquillité à l’idée que sa mère redemande la résidence alternée. En effet, elle affirmait se sentir bien chez son père, d’autre part il lui était douloureux d’avoir à réaffirmer sans cesse ce choix. Ma nièce décrit une relation compliqué avec sa mère. Elle ne se sent jamais à la hauteur ni valorisé. Elle a l’impression de ne jamais être au centre de son attention, de ne pas être vraiment comprise ou prise en considération. Les tentatives de rapprochement sont vécues comme vaines. Elle en conçoit de la tristesse, de la culpabilité ainsi qu’une image dévalorisé d’elle-même. (…) Ma nièce se sent à la merci de décisions lui échappant complètement ce qui provoque un sentiment d’insécurité intérieure. Elle ne souhaite pas que je retranscrive ses propos mais préférerait être entendue directement. »
Ma mère, éducatrice spécialisé à la retraite, tint le même genre de discours:
« Assez rapidement après la séparation de ses parents, ma petite fille m’a exprimé son désir de n’avoir qu’un seul lieu de vie que la résidence alternée ne lui convenait pas la dispersait trop. Je l’ai bien sur questionné sur ce refus de vivre avec sa mère, mais ne pouvait que difficilement en donner les raisons précises. Cependant à d’autres moments, elle m’a parlé de sa souffrance de n’être jamais valorisée par sa mère, de ne pas compter pour elle, d’être moins aimée que son frère. Malgré sa peur, elle a pu, au moins à deux reprises, dire à sa mère, en tête à tête qu’elle ne voulait plus vivre avec elle et pour quelles raisons. Cela a été une grande épreuve pour cette enfant, à peine âgée de 12 ans à ce moment là. Lorsque sa mère a accepté qu’elle reste chez son père, ma petit fille me disait redouter ces séjours chez sa mère, car cette dernière lui posait souvent la question de son retour, ce qu’elle ne souhaitait toujours pas. (…) J’ai pu observer chez mon fils une attention très forte à ses enfants, une grande disponibilité, aimant partager leurs jeux. Mon fils Daïdou, depuis la séparation, n’a plus voulu passer d’examen en vue d’un mutation car cela l’aurait sans doute éloigné de sa résidence, rendant la garde alternée impossible. Pour mon fils il est inenvisageable d’être séparé de ses enfants à qui il manifeste tendresse, amour et attention. »
Mon père, directeur d’établissement à caractère social à la retraite, accentue le trait:
« (…) Ma petite fille m’a dit aimer sa mère mais elle a de sérieux problème avec elle. Elle se fait houspiller à tous propos, de sent dévalorisée depuis que les filles de la compagne de sa mère, Karine, qui est installée chez ma belle fille, viennent passer leur week end et vacances chez elle. Elle ne s’entend pas avec elles et principalement avec l’aînée. Chez son père, ma petite fille a fait sa place, s’y sent bien et souhaite pouvoir s’y installer durablement. C’est là qu’elle a organiser sa vie, et c’est là son lieu de vie naturel. Elle y trouve une certaine sérénité. (…) Ma petite fille est aussi très attaché à son père. Mais de là à dire qu’il la manipule, c’est une affirmation qui demande à être prouvée! Quand à la question d’argent, mon fils n’est pas plus avide que tout un chacun à gagner sa vie. Bien au contraire, il a laisser passer maintes occasions de promotion professionnelle (et donc de gagner plus d’argent) pour ne pas avoir à s’éloigner et de rendre ainsi possible la grade alternée de son fils et permettre à ma petite fille d’aller voir sa mère lorsqu’elle le souhaitait. »
Hélène et Pierre, tout deux éducateurs spécialisé et directeur d’établissement à caractère social en activité se situent un peu à la marge mais confirme les propos tenue ci-dessus:
« (…) Déclarons connaître Daïdou depuis sa pré-adolescence et avons toujours apprécié sa gentillesse et son intégrité intellectuelle, sa capacité à être attentif aux autres et tout particulièrement à ses enfants. (…) Privilégiant ses enfants, Daïdou a affirmé son engagement auprès d’eux au moment de la séparation du couple en renonçant à des choix professionnels décisifs et resté ainsi disponible pour leur éducation. Nous connaissons sa fille depuis sa naissance et entretenons des liens privilégiés du fait de sa proximité d’âge avec notre fille. Depuis sa plus tendre enfance, nous avons pu constater les liens privilégiés entre elle et son père. Papa attentif, Daïdou, a toujours répondu aux sollicitations de sa fille tant pour ses besoins primaires que pour son éveil et les jeux. Lors de la séparation du couple, elle s’est spontanément tournée vers son père, le personnage qui la rassure et s’est affirmée dans ses choix au fur et à mesure des années. Aujourd’hui dans cette procédure de divorce qui doit régler une affaire d’adultes, elle ne varie pas dans ses choix et a sans doute besoin d’être entendue comme une personne. »
N’ayant pas d’imprimante, mon p’tit Zèbre est parti très tôt le matin à son travail, me les imprima et revint à l’appartement me les livrer. Il me restait plus qu’à récupérer le fax de mon autre soeur à la maison des avocats et filer à mon rendez-vous chez le juge le coeur serré.
Lire...H-48 Back to the past 1/3
Au courrier du 13 juillet dernier, je reçois une lettre de mon avocate m’informant que le rendez-vous, le 04 Août, chez le juge était annulé car la partie adverse ne pourrait être présente. L’avocate de ma future ex-femme sera en vacances tandis que son associé, elle, sera hospitalisée. Bizarrement je me sentais soulagé, j’avais ainsi un peu plus de temps pour préparer mon dossier en récoltant des attestations à droite et à gauche. Je redoutais ce moment où je devais demander à ma famille, à mes amis, de s’exprimer; non pas que je n’avais pas confiance en eux mais par pudeur. Aussi me fut-il enlevé ce poids pour les vacances! Ce n’était pas sans compter la perversité de l’avocate de mon ex!
Lundi 03 Août, je suis rentré paisiblement du week-end tourangeau où j’ai déposé ma progéniture chez mes parents pour qu’ils profitent de leurs petits enfants jusqu’à notre départ en Crète. La journée fut calme et paisible jusqu’au coup de téléphone que je passe à mon avocate pour annuler mon rendez-vous. Pas de secrétaire, partie en vacances sans doute, aussi je tombe directement sur mon avocate:
- Monsieur 14141! Vous tombez bien! J’essaye de vous joindre depuis ce matin sans succès! J’ai reçu un fax de l’avocate de votre femme. La comparution devant Mme le Juge est maintenue; il faut absolument que demain vous ayez un maximum d’attestations et de qualités si vous voulez que votre dossier retienne l’attention du juge. D’autant plus que votre femme fournira des attestations contre vous. Je les ai devant moi.
- Attendez, qui en sont leurs auteurs ?
- Des amis à vous, visiblement: Madame et Monsieur Métroc et Madame Lainlevi.
- Vous pouvez me les transmettre?
- Vous pouvez les consulter si le coeur vous en dit, mais sachez qu’ils n’ont pas pris de pincettes avec vous…
Je me rends donc à son cabinet le coeur serré. Des amis du couple avec qui nous avons partagé tant de bons moments me laminer???… Je veux en avoir le coeur net! Mon avocate m’ouvre et m’installe sur un petit bureau près de la photocopieuse puis s’éclipse. J’ouvre le dossier: déclaration d’impôt (32000€/an), charges diverses, déclaration des frais de karine sa compagne et de son ex-mari (je ne suis pourtant pas marié avec ces deux là???) et les deux attestions… Je me précipite dessus et la nausée me prends. Les mots de profiteur, de vénal, de manipulateur sont lancés, appuyés, par un discours s’attaquant directement à moi. La photocopieuse est allumée, j’en fais une copie rapide afin de les relire à tête reposée.
Mon avocate revient, et prend immédiatement conscience du mal être dans lequel je suis.
- Monsieur 14 141, je sais qu’il est extrêmement difficile de prendre de la distance mais c’est le seul moyen que vous ayez pour contre attaquer intelligemment. Je vous ai gardé le pire pour la fin: votre femme demande la résidence alternée pour votre fille et pour votre fils.
- Comment ça pour ma fille? Mais elle ne veut plus retourner chez sa mère??? Et ça fait quinze mois qu’elle vit avec moi et le p’tit Zèbre.
- Elle prêtant que votre fille est manipulée par vous et votre famille. Qu’elle est en souffrance chez vous…
- C’est du grand n’importe quoi!!! Je vous dis que ma fille ne veut plus vivre chez sa mère, on ne peut pas l’y obliger, elle a 14 ans! C’est pour ça que je demande la résidence principale! Si elle n’était pas en demande, je ne m’opposerais pas à la résidence alternée!
- A ce propos, votre femme ne souhaite pas que votre fille soit entendue par le juge.
- Elle veut faire taire sa fille en plus? Qu’elle ne puisse pas s’exprimer? C’est ça?
- Oui, dit-elle d’un ton ferme.
- Que devons-nous faire?
- Vous devez recueillir avant demain matin avant 10h00 des attestations. Je vous conseillerais de ne pas mettre en cause votre femme directement mais de mettre l’accent sur la parole des enfants et de garder une certaine distance. Les juges n’aiment pas qu’on leur donne à lire un tissu d’horreur.
- Mais Maître, je ne vais pas pouvoir en quelques heures réunir des témoignages comme ça! Mes proches sont soit partis en vacances ou soit ne savent pas utiliser l’outil informatique.
- C’est le seul moyen que l’on ait pour que la parole de votre fille soit entendue!
Je rentre dépité, la tête comme une pastèque et franchement mal. Une plaie béante s’est ouverte. Je n’avais plus en face de moi, ma tendre et chère ex, mais un monstre d’égoïsme qui ne se souciait pas du bien être de son enfant! Piétinant tout le travail que j’avais fait depuis trois ans pour ma fille! Sa prise en charge thérapeutique, ses bilans orthophoniques, orthoptiques, psychomoteurs, et tous les rendez-vous à l’hôpital au service de pédopsychiatrie et les démarches auprès de CMPP… Pas une fois, elle ne s’est intéressée à sa fille, à sa douleur, à ses angoisses et aujourd’hui elle marche dessus comme on piétine un vulgaire paillasson pour la rabaisser une fois de plus car elle ne la respecte pas, pour l’utiliser contre moi! J’ai mal au plus profond de moi. Comment une mère peut-elle se comporter de la sorte avec sa propre fille? Pourquoi lui faire autant de mal? La plaie ne cesse de s’agrandir, je pleure dans les bras de mon p’tit Zèbre. J’ai mal pour elle. Je me tais dans un long silence, un pochon en plastique plaqué contre ma bouche que je vois se gonfler et se dégonfler comme un coeur, un coeur artificiel ne battant qu’au rythme de la douleur.
Encore un grand merci à mon correcteur officiel Arthur à qui je souhaite un gros « Merde » pour son concours!!!
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